En ces temps de crise, où tout risque financier est
banni, un auteur inconnu du nom de Mathieu GOGUEL, dont il est son propre
éditeur (et comment en serait il autrement rien qu'à la lecture du titre !),
fait un pied de nez à la critique littéraire en sortant un essai nommé Press
Book (Ceci n'est pas un livre). Le contenu reflète tout à fait le titre puisque
l'écrivain, dans un style à la fois crû et psychédélique, s'imagine à décrire
les critiques dont son oeuvre aurait pu faire les frais, si cette dernière avait
réellement existé !
Non, vous ne rêvez pas : ce coup de poker médiatique
n'avait encore jamais été tenté et ce n'est pas sans un réel talent que son
auteur entraîne le lecteur persévérant dans une spirale infinie, explorant de
multiples sujets de réflexion autour d'une idée de base qui part du
néant. Mais que Mathieu GOGUEL peut il bien rechercher dans
cet exercice de style unique et téméraire ? Ne serait-ce point là LE Big-Bang de la critique
contemporaine, une sorte de trou noir de la littérature, aspirant, entrainant
dans son sillage tous les essais ratés, et autres torchons vides, encensés
unanimement par les médias conformistes de notre ère décadente ? Puisse cette hypothèse s'avérer exacte dans le futur
et ainsi nous éviter, à nous autres critiques professionnels, une analyse
inutile tout autant que fastidieuse de navets insipides
s'autoproclamant de la littérature comme un repas fast-food vanterait
son appartenance à la famille de la haute cuisine traditionnelle française... From Annecy, Francky Goes


